Le mot de la fondatrice

« Nous avons fondé Chemins d’avenirs pour qu’un dispositif agisse en faveur des collégiens, lycéens et étudiants des zones rurales et des petites villes de France. Parce que nous pensons que chacun d’eux a du potentiel, le potentiel de reprendre l’exploitation agricole de ses parents ou celui d’enseigner, le potentiel de créer son entreprise ou de devenir journaliste, ou un potentiel qui ne se traduit encore par aucune vocation mais qui ne demande qu’à émerger.

Qu’ils viennent de Touraine, de Charente ou d’Alsace, les membres de l’équipe de Chemins d’avenirs ont eu le sentiment que leurs origines géographiques, qu’ils revendiquent pourtant, les avaient un jour ou l’autre pénalisés. Car ce qui singularise la jeunesse périphérique, c’est l’accumulation des obstacles qu’elle rencontre : isolement géographique, déterminisme social, assignation à résidence, autocensure, manque d’informations, absence de réseau, fracture digitale, opportunités de formation réduites. C’est à mon sens le point commun qui rapproche 60 % des jeunes Français, qu’ils vivent sur le littoral, dans les montagnes ou dans des zones périurbaines. Ces obstacles agissent comme autant de freins qui brident leurs ambitions. Leurs ambitions au sens large, au sens de la volonté de se réaliser, de devenir acteur de son avenir, quelle que soit la voie choisie.

J’ai souhaité créer une structure pour prendre en compte les obstacles que peuvent rencontrer ces milliers de jeunes éloignés des grandes métropoles et pour les aider à les surmonter, main dans la main avec l’Education nationale, avec leurs familles, avec les entreprises et la société civile. Pour qu’ils puissent s’épanouir au sein de leurs territoires tout autant qu’ailleurs s’ils le souhaitent. Lorsqu’il s’agit d’orientation, tous les acteurs doivent être réunis au service des jeunes. Pour créer autour de eux, comme s’efforce de le faire Chemins d’avenirs, un écosystème de réussite. Pour les informer, les accompagner, promouvoir leurs parcours et leurs talents. C’est ma conviction.

Après une année pilote au sein de l’académie de Clermont-Ferrand, Chemins d’avenirs est entrée dans une phase d’expérimentation de trois ans. Cette phase est marquée par le déploiement progressif de nos actions, la densification de nos méthodes pédagogiques et la professionnalisation de notre structure. En 2017-2018, l’association a ainsi accompagné 300 jeunes des académies de Grenoble, de Nancy-Metz et de Clermont-Ferrand. En 2018-2019, elle essaimera ses initiatives dans deux académies supplémentaires et accompagnera 500 collégiens, lycéens et étudiants.

Réussir le changement d’échelle d’une jeune association est un défi que nous avons à cœur de relever. Nous pouvons le faire grâce à l’engagement d’une équipe compétente et motivée et au soutien de nos parrains et de nos partenaires. Cet engagement et ces soutiens sont un signe résolument positif, celui de la confiance que nous plaçons en la jeunesse française. Cette jeunesse qui trace déjà les chemins de notre futur. »

Salomé Berlioux