Notre constat

La fracture entre les jeunes de la France périphérique et ceux des grandes métropoles est frappante lorsqu’il s’agit de leur avenir.

Cette jeunesse cumule les obstacles et n’a pourtant jamais été considérée comme un enjeu central par les pouvoirs publics.

Le coût social, économique et politique de cet état de fait est colossal pour le pays.

 

Bien souvent, les collégiens et lycéens éloignés des grandes agglomérations cumulent les obstacles qui réduisent leurs perspectives.

Il ne s’agit pas d’un phénomène à la marge, puisque 60% des Français vivent dans ce que l’on appelle la France périphérique : les zones rurales, les villes petites et moyennes et certaines franges du périurbain.

Oubliés des dispositifs d’égalité des chances, ces élèves sont tributaires du lieu où ils vivent et étudient, souvent désarmés à l’heure de leurs choix d’orientation. Ils peuvent avoir des difficultés à trouver la bonne information, à imaginer et construire un projet personnel et professionnel qui leur correspond. Ils n’ont, souvent, qu’une vision limitée des possibilités qui s’offrent à eux et ne perçoivent pas clairement les chemins qu’ils pourraient emprunter pour préparer leur avenir à la fin de leur 3ème ou de leur Terminale.

La réalité de certains territoires français a une influence déterminante sur l’avenir des jeunes.

Emploi

Les 15 plus grandes métropoles françaises ont vu leur population en emploi augmenter entre 2008 et 2013, avec un taux d’évolution dépassant parfois 2,8%.

En revanche, l’Est de la France, le Centre et la Normandie ont vu leur population en emploi diminuer, à un rythme plus important, pouvant dépasser un taux de – 5,4%.

Mobilité sociale

La proportion d’enfants d’ouvriers et employés devenus cadres et professions intermédiaires varie du simple au double entre la Creuse (24,7%) et Paris (47%).

Accès à la culture

Le taux de fréquentation des cinémas à Paris est de 12,6% entrées par habitant et par an, contre 2,6 dans le Puy-de-Dôme ou 3,3 en Meurthe-et-Moselle.

Pas moins talentueux, mais moins stimulés et accompagnés.


Moins de 60% des élèves de 3ème des académies de Clermont-Ferrand, Lille, Caen et Reims entrent en 2nd générale et technologie, contre plus de 66% dans les académies de Lyon, Bordeaux et Toulouse.

Les aires urbaines de plus de 500 000 habitants comptent 26,9 % de diplômés du supérieur (25-55 ans), contre 9, 5% pour celles de 20 000 à 100 000 habitants.

« Je dis à mes élèves : vous êtes en capacité de réussir, il faut juste que vous vous autorisiez les mêmes rêves et que vous vous appliquiez les mêmes règles que ceux qui réussissent ».

Romuald Florid, ancien proviseur du lycée Banville de Moulins (Allier)